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Publié : 14 octobre 2015

L’ostéopathie vétérinaire, de A à Z

« Qu’est-ce que l’ostéopathie, comment ça marche ? »

L’ostéopathie, fondée en tant que telle au XIXème siècle par le docteur A.T.Still, stipule que pour rester en bonne santé, un organisme doit rester mobile dans toutes ses composantes ; les restrictions mécaniques engendrent des perturbations vasculaires et végétatives, parfois éloignées du site en cause, auxquelles s’ajoutent les conséquences des mesures de compensation mises en place par l’organisme.

La dysfonction ostéopathique est objective, elle peut être définie par une dissymétrie de la liberté de mouvement de la structure concernée, et nommée selon les directions anatomiques dans lesquelles ce mouvement est facilité, dans les trois plans de l’espace. Elle concerne aussi bien une articulation qu’un organe ; elle est présente dès que le fascia (trame conjonctive de l’organisme) est entravé dans sa motilité (ou micromobilité). Avec le temps cette immobilité favorise fibrose et sclérose, ce qui fait passer la dysfonction au stade lésionnel, définitivement. L’ostéopathie est efficace seule si le problème est fonctionnel ou en complément de la médecine classique si le problème est lésionnel.

L’origine de la dysfonction ostéopathique d’une articulation réside dans une réaction anormale du réflexe myotatique : lors d’un mouvement de l’articulation allant au-delà des limites physiologiques du système capsulo-ligamentaire, la contraction du muscle incriminé devient spastique et aboutit à une véritable crampe. L’articulation concernée reste alors dans cette position non physiologique. Une palpation fine permet de dépister ces éléments pathologiques.

Les prolongements nerveux de la moelle épinière, sortant à chaque étage entre deux vertèbres, sont particulièrement exposés. La souffrance de tel étage, entraîne inévitablement des perturbations des territoires innervés par les prolongements concernés : névralgies, dysfonctionnement d’organes (y compris de glandes), etc. Les limites du champ ostéopathique sont atteintes si l’organe ne peut plus répondre à la restauration du circuit neurovégétatif.

L’ostéopathie permet donc à l’organisme de mieux vivre en lui faisant garder, trouver ou retrouver son équilibre. Le déblocage mécanique permet le retour à l’homéostasie par autorégulation.

Cette médecine repose sur trois principes qui fondent sa logique : structure et fonction sont interdépendantes ; l’organisme présente une unité, un tout totalement connecté ; il est doté d’une faculté d’autorégulation, ou retour spontané à l’homéostasie, tant que les voies de circulation sont libres. Pour cela, le praticien devra scrupuleusement suivre la voie de l’artère, c’est-à-dire participer au retour de l’irrigation et du drainage de tous les territoires cellulaires sièges de blocages, afin d’ouvrir la voie à cette autorégulation.

Elle fait appel chez le praticien à une profonde connaissance de l’anatomie et de la biomécanique, ainsi qu’à une forte sensibilité épicritique, adaptée à la palpation et amplifiée par l’entraînement assidu du système nerveux autonome. Il existe également d’autres axes de perception plus individuels, au-delà de ce toucher proprioceptif.

La faculté d’empathie et la familiarité avec les comportements propres à chaque espèce constituent bien entendu un préalable indispensable pour le praticien.

Les docteurs vétérinaires français Lizon et Giniaux ont été les transcripteurs de cet art au bénéfice des animaux, dès l’aube des années 80. Certains autres praticiens ont développé depuis, des modèles utiles à la compréhension biomécanique des organismes vivants, la tenségrité et l’axe de tension durale par exemple.

L’ostéopathie permet un enrichissement de la compréhension que nous pouvons avoir des médecines énergétiques et informationnelles qui soignent depuis des millénaires, et soignent encore près de la moitié de l’humanité sans moyen technologique, comme la Médecine Traditionnelle Chinoise.

« Quand dois-je consulter un vétérinaire ostéopathe pour mon animal ? »

Il est difficile de donner des indications précises selon la nomenclature médicale conventionnelle car on change de référentiel : on soigne un patient global et unique, et non des symptômes ou une liste de symptômes définissant un nom de maladie.

Cela peut être une indication ostéopathique si l’on constate chez le cheval  :

-  Baisse de performances, mauvaise récupération
-  Irrégularité des allures et transitions
-  Raideur du dos, de la nuque, de la bouche, ne s’arrondit pas
-  Difficulté d’incurvation
-  Difficulté à l’engagement ou à la propulsion, à l’embrasser ou au ramener, etc.
-  Difficulté à s’équilibrer sur l’extension d’encolure
-  Perte d’amplitude des foulées
-  Position anormale de tête, de queue
-  Amyotrophie
-  Défense au pansage, au seller, au sanglage, au mors
-  Défense sous la selle (trot assis), dans la main
-  Encensement, ruade, cabré au travail
-  Refuse ou se décale sur l’obstacle
-  Saute plat ou emmène sur les barres, accroche les barres
-  Se désunit ou part sur le mauvais pied, refuse le changement de pied

-  Situation post traumatique (choc, chute, glissade, tiré au renard …)
-  Jument après la mise-bas
-  Nouveau-né (défaut d’aplomb, déviation angulaire, faible appétit …)
-  Arthrose : ce n’est pas une fatalité …
-  Troubles neurologiques : névralgies, trébuchements, …
-  Troubles viscéraux digestifs : coliques de stase, diarrhée chronique, bave au box …
-  Amaigrissement, inappétence
-  Changement brusque de comportement ; moins concentré, voire agressif, déprimé
-  TIC, head-shaking, etc.
-  Larmoiements, paralysie faciale
-  Chaleurs pénibles
-  Gêne respiratoire, emphysème, manque d’endurance
-  Membres engorgés, fourbure chronique
-  Entorse
-  Tendinite
-  Boiterie aiguë ou chronique

-  Situation postopératoire, convalescence
-  Reprise d’activité
-  Préparation et récupération de l’effort
-  Débourrage précoce !!!
-  Suite de soins dentaires
-  Bilan ostéopathique dans le cadre d’une visite d’achat

Cela peut être une indication ostéopathique si l’on constate chez un carnivore domestique (chien, chat)  :

-  En suivi sportif, baisse de performances
-  Trouble de la posture ou de l’équilibre
-  Dissymétrie locomotrice, raideur, boiterie
-  Difficulté à monter ou descendre l’escalier
-  Tensions musculaires, gêne plus ou moins visible consécutive à un « faux mouvement »
-  Attitude antalgique : toujours couché sur le même côté, esquive de l’appui d’un membre, tête déviée d’un côté ...
-  Engorgement des membres, amyotrophie ...
-  Arthrose : avec l’âge, les articulations (principalement les disques intervertébraux) se déshydratent et se fibrosent, perdant leur élasticité ; cela commence dès 3 ans chez les races chondrodystrophiques (bouledogue français, teckel, etc .) ; les soins de l’ostéopathe permettent au patient de retarder cette dégénérescence (maintien de l’hydratation), et dans le cadre d’une intervention tardive, de vivre au mieux avec cette structure déjà altérée. Le chien ne se plaint que rarement ; lorsqu’il le fait, il est en général au bout de ses capacités d’absorption et de compensation.
-  Une autre prédisposition à l’arthrose précoce est la dysplasie des hanches et des coudes : il est clair que le dysfonctionnement articulaire de base, la malformation de naissance, ne peut pas être éliminée en elle-même ; pourtant, toutes les compensations induites par celle-ci sont corrigeables ; ce sont ces corrections qui permettent à l’animal de pouvoir vivre avec une, voire deux articulations lésées sans pour autant être dépendant d’une thérapie médicale lourde, voire d’une chirurgie toujours pénible. L’expérience montre que, dans une majorité de cas de dysplasie coxo-fémorale, une visite ostéopathique par semestre suffit à maintenir le système ostéo-articulaire dans un équilibre correct, la symptomatologie classique (boiterie, douleur, etc.) n’apparaissant que peu, voire pas du tout.
-  Hernies discales, prise en charge multidisciplinaire (les médicaments sont susceptibles de masquer certaines informations de douleur, tension, inflammation, pensez à en informer le praticien)
-  Post traumatique sur structure corporelle intacte
-  Postchirurgical, avant consolidation afin de maintenir la vivacité tissulaire nécessaire au rétablissement, et après consolidation afin de rétablir un schéma corporel stable (rééquilibrage des contraintes biomécaniques, rééducation fonctionnelle)

-  Vomissements, perte d’appétit, amaigrissement, diarrhées ou constipations récurrentes
-  Chaleurs anormales, mise-bas difficile, infertilité
-  Cystites chroniques, incontinence
-  Changement de comportement
-  Essoufflement, bronchite asthmatiforme, etc.
-  Difficultés de prise alimentaire ou de mastication
-  Larmoiements, paralysie faciale, otites chroniques
-  Certaines lésions cutanées, dermite de léchage localisée (surtout symétrique)

-  Suivre la croissance du jeune animal permet de s’assurer de son bon développement, et de prendre en charge rapidement les problèmes ; ensuite ce suivi le maintiendra au mieux de sa forme, il pourra être couplé avec un examen clinique annuel de médecine préventive (mais attention, incompatible avec une vaccination simultanée).

Cela peut être une indication ostéopathique si l’on constate chez un ruminant  :

-  Amaigrissement, perte d’état, perturbations digestives chroniques
-  Baisse de production inexplicable
-  Difficultés de prise alimentaire ou de mastication
-  Larmoiements, paralysie faciale
-  Infertilité, nymphomanie, anoestrus
-  Comportement brusquement modifié
-  Situation post traumatique
-  Parésie, sciatique suite vêlage, boiterie
-  Dissymétrie, attitude antalgique
-  Engorgements, oedèmes

Certaines de ces indications exigent le discernement préalable d’un diagnostic différentiel, ou diagnostic d’exclusion  : c’est-à-dire qu’il s’agit de déterminer ce qui relève de l’ostéopathie, ou d’autres branches de soins médicaux, parfois en urgence.

S’il y a atteinte de l’intégrité des structures, les techniques ostéopathiques ne peuvent être qu’une aide, et d’autres moyens doivent éventuellement être mis en œuvre ; il conviendra donc toujours de se demander si l’ostéopathie est la seule réponse à apporter à une affection donnée.
En cas de boiterie, il est donc fortement recommandé de vous assurer avec votre vétérinaire, qu’il n’existe pas de lésions anatomiques avant de faire manipuler ; de même, un résultat insatisfaisant sur deux séances maximum demande un examen médical approfondi.

Le vétérinaire ostéopathe est le mieux placé pour mener de front toutes ces missions ; l’œil clinique du docteur vétérinaire est naturellement et en permanence relié à la main de l’ostéopathe …

« Comment cela se passe-t-il en pratique ? »

Le patient sera propre et pansé, mais non toiletté. Il sera au repos depuis au moins 2h. Il sera, autant que possible pour les chevaux, à jour de soins de maréchalerie et de dentisterie. Les heures de repas seront évitées autant que possible, afin de favoriser la concentration du patient. Une bonne éducation préalable du patient à base de confiance et respect sont des bases appréciables.

Quel qu’il soit, et surtout si c’est un ruminant, le patient aura bien sûr bénéficié de la médecine préventive élémentaire concernant la lutte antiparasitaire, l’équilibre alimentaire et les facteurs environnementaux ; on évite ainsi de parasiter le tableau dysfonctionnel à explorer.

Les comptes-rendus d’examens complémentaires pratiqués dans le cadre du motif de consultation seront préparés afin d’être utilement exploités, et il est souhaitable de préparer un bref rappel de l’historique médico-chirurgical du patient.

Il existe quelques cas généraux de non-indication de l’ostéopathie  :

Les fractures non réduites, et toute atteinte des limites anatomiques, excluent sur le moment tout recours efficient à l’ostéopathie.
Les lésions douloureuses de ressort médical doivent faire l’objet d’un traitement antalgique homéopathique ou allopathique avant prise en charge par la médecine manuelle.
Certains traitements pharmaceutiques sont susceptibles de bloquer la réponse de l’organisme à l’ostéopathie. En concertation avec le prescripteur, il est préférable que tout traitement anti-inflammatoire ait cessé depuis 5j au moins, et antibiotique depuis 10j au moins. Tout traitement en cours ou récemment administré sera signalé, afin que la prescription ostéopathique bénéficie des meilleures chances de réussite.
Les pathologies tumorales échappent aux capacités d’auto-guérison de l’organisme, auxquelles on ne peut donc faire appel pour les traiter.
Toute déficience organique en général, compromettant les capacités d’auto-guérison du patient, devra orienter vers une autre approche thérapeutique, momentanément tout du moins.

Tout examen mené dans de mauvaises conditions ou sur un patient réfractaire, ne pourra aboutir qu’à un résultat aléatoire.

La séance comporte tout d’abord l’examen ostéopathique  : observation et palpation du patient en posture, observation de sa locomotion, enfin tests de mobilité globaux ou locaux. A tout moment, la casquette de docteur vétérinaire peut ressortir en cas de suspicion clinique de non-indication ostéopathique. La chaîne dysfonctionnelle est tirée de la synthèse des dysfonctions diagnostiquées, et permet d’envisager une action thérapeutique ostéopathique s’intéressant aux blocages primaires en priorité. En effet, les manifestations qui constituent le motif de consultation peuvent être très éloignées du blocage primaire. « Quand il y a un attentat, c’est la victime qui crie, le coupable se tait … en ostéopathie c’est pareil : la zone chaude, c’est celle qui fait tout le boulot, celle qui a mal ; mais la lésion, c’est la zone froide, c’est celle qui est immobile, celle qui se tait » (Dr Giniaux).

Durant la consultation se déroulent deux temps de façon plus ou moins simultanée : la recherche des dysfonctions et leur levée ; cela se traduit généralement par une détente musculaire importante et une sensation de relâchement et de bien-être pour l’animal : soupirs, bâillements, mâchouillements, voire assoupissement.
La normalisation du tableau dysfonctionnel est menée en coopération avec le patient qui participe à son propre traitement, à l’aide de diverses techniques dont nous n’établirons pas une liste détaillée, mais une segmentation par type d’effet.

Les trois types d’action possibles se superposent aux trois niveaux d’expression de la même réalité : la matière, l’énergie, l’information

-  Action mécaniste ou structurelle (manipulation de type chiropraxie) : effet rapide mais demande un accompagnement énergétique ; seules techniques à admettre parfois de réelles contre-indications

-  Action énergétique ou fluidique (même registre que l’acupuncture) : effet plus lent, mais plus durable car n’impose pas le traitement, fait appel aux capacités d’auto-guérison. Les techniques fasciales et crânio-sacrées en font partie, ainsi que l’utilisation en cours de traitement des points d’acupuncture comme dans le shiatzu ou digipressure.

-  Action informationnelle (même registre que l’homéopathie) : le thérapeute cherche à « reprogrammer » convenablement la fonction déficiente. Pierre Tricot a parfaitement modélisé cette pratique par son « approche tissulaire » de l’ostéopathie.

Le massage et le stretching (étirements) font également partie des instruments à la disposition du praticien, permettant d’améliorer la détente et la coopération du patient, ainsi que d’harmoniser la circulation des fluides et de l’énergie dans les vallées fasciales et les méridiens.

Enfin, le compte-rendu est rédigé sur place, c’est alors que les recommandations faisant suite à la séance vous sont expliquées et que vous pouvez poser les questions qui vous viennent à l’esprit. Le renvoi vers un spécialiste dans un domaine précis peut être indiqué : éthologue, « saddle-fitter », etc.

Attention, dans la plupart des cas les deux à trois jours suivants sont consacrés au repos, c’est-à-dire en l’absence de contraintes, dans un environnement naturel et familier (éviter le séjour permanent au box) ; pas de transport durant ce délai, ou alors immédiatement après la séance. Ensuite, le travail peut reprendre, mais il faut compter deux à trois semaines en moyenne sans compétition ni effort soutenu. C’est le temps qu’il faudra au total pour la recherche d’un nouvel équilibre. Sinon, en six semaines votre animal risque de retourner à l’équilibre qui lui semble le plus simple : celui qu’il vient de quitter. Une seconde séance est donc requise en l’absence de normalisation sous trois semaines.

Des modifications sur le plan physique ou psychique peuvent apparaître durant toute cette période. Parfois une aggravation passagère peut survenir, sans que cela soit inquiétant quant à l’évolution finale de l’effet de la séance. Il est important de noter l’ensemble des observations que vous pourrez faire, même si a priori vous pensez qu’elles n’ont rien à voir avec le motif qui vous a amené à consulter, et d’en faire part au praticien.

Des remèdes n’entravant pas la réponse d’autorégulation de l’organisme peuvent alors être utilisés, parmi eux en particulier, les spécialités homéopathiques ; ou encore, certains extraits de plantes.

La rééducation peut aussi faire appel à des exercices de mobilisation et d’assouplissement, et vise à rétablir l’équilibre statique et dynamique de l’édifice corporel dans toutes ses dimensions.

NB : Dans de très rares cas, la manipulation en levant des tensions compensatrices, peut laisser réapparaître une vraie lésion médicale sous-jacente qu’il convient alors de traiter.

Consultation sur rendez-vous, durée moyenne 45 à 60 minutes.

Contrôle si nécessaire 3 à 4 semaines plus tard.

Le docteur Létondal est diplômé de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon et de la Faculté de Médecine de Lyon I.
Il s’est instruit des différentes techniques ostéopathiques dans le cadre d’une formation continue à l’Institut de Médecines Alternatives et d’Ostéopathie Vétérinaires.
Il a reçu l’enseignement de Pierre Tricot, ostéopathe D.O. qui a codifié la pratique de l’approche tissulaire de l’ostéopathie.
Il a été initié à la Médecine Traditionnelle Chinoise.
Il a ensuite obtenu le Diplôme Inter Ecoles d’ostéopathie vétérinaire à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes (Oniris), seule qualification officiellement reconnue.

Il est également ostéopathe D.O. en ostéopathie humaine (EFSO Paris).

« A quel rythme dois-je faire examiner mon animal ? »

Entretien : cheval de loisir environ 1 fois par an, cheval de sport 2 à 3 fois par an environ ; chevaux de club … au moins une fois par an ! Le taux de mises en arrêt pour blessure, boiterie, raideur, diminue d’autant !

Le poulain sera avantageusement vu avant le sevrage, puis avant la mise au travail … après examen dentaire

Concernant les carnivores, étant donné leur rythme biologique accéléré, un examen par an ne semble pas être excessif …

Les dysfonctions ostéopathiques s’empilent comme les couches d’un oignon : le corps cherche à étaler la contrainte dans le temps et dans l’espace, en dispersant les tensions afin de les rendre vivables : c’est la compensation. Aussi, la disparition d’une gêne ou douleur passagère peut être le signe d’une telle compensation et pas forcément d’une disparition de la dysfonction elle-même !

Lorsque finalement le niveau de dérèglement global dépasse les capacités de compensation de l’organisme (soit par violence de l’agression, soit par faiblesse de ce dernier), la maladie montre le bout de son nez. Cela peut se produire par paliers, c’est par exemple le cheval d’endurance qui a du mal à passer les 30km : le blocage ostéo-articulaire (en fait, musculo-tendineux) devient source de boiterie à mesure de l’accroissement des tensions. La pratique de séances régulières consiste à vider les poubelles avant qu’elles ne débordent !

« Ai-je un rôle à jouer dans le bien-être et le confort de mon animal ? »

Certains problèmes récurrents, en apparence réfractaires à l’ostéopathie, sont dus à des facteurs extérieurs à l’organisme ; dans son principe holistique, l’ostéopathie les prend en compte et le praticien peut être amené à formuler des recommandations concernant :

-  le cavalier : souvent il devrait également consulter, car il transfère à sa monture ses déséquilibres mécaniques ; de même, malgré la bonne volonté, son savoir-faire peut être en cause (cheval qui se traverse sur des aides incohérentes, communication insuffisante, etc.).
-  le harnachement : par exemple la selle, qui sert d’intermédiaire avec le cavalier, doit être adaptée à l’un et à l’autre ; des perturbations locales de la sudation, des lésions folliculaires (poils blancs), une dissymétrie musculaire au garrot, sont autant de signaux d’alerte.
-  le parage ou la ferrure interviennent dans les appuis, donc les aplombs et les allures, et une déficience à ce niveau peut ruiner tout effort de normalisation ostéopathique*.
-  de même, l’état de la dentition conditionne non seulement le confort et l’efficacité de la prise alimentaire, mais encore l’équilibre des ATM (essentielles à l’équilibre locomoteur, par leur lien avec la hanche homolatérale et l’épaule controlatérale) ; et inversement …**
-  rythme de travail inadapté : échauffement ou récupération insuffisants.
-  consistance du sol inadaptée
-  alimentation inadaptée, eau de boisson impropre
-  conditions de détention ou de travail génératrices de stress et de blocages récurrents
-  automédication excessive et non indiquée

Les mêmes causes produisent les mêmes effets, la réussite passe alors par une réforme des facteurs déclencheurs ou aggravants, chaque fois que cela est possible.

* un cheval non ferré compense mieux les dissymétries de charge : la pousse du sabot plus chargé est stimulée, mais il compense du coup en s’usant plus vite … sauf s’il est ferré ! A noter, qu’en cas de dissymétrie, devant celui qui est le plus chargé c’est le plus court (ceinture thoracique exclusivement musculaire), mais derrière c’est le plus long (ceinture pelvienne ostéo-articulaire).

** signaux d’alerte pour les soins dentaires : boulettes de nourriture, rejet d’aliments, amaigrissement, fibres longues dans les crottins (« cheval maigre, moineaux gras »), défense au mors et/ou à l’incurvation, encensement, mauvaise haleine (blessures), etc.